Manifeste
pour
que l'argent serve
au lieu d'asservir !
Une Nation souveraine a le
pouvoir et
la
légitimité d'émettre sa propre
monnaie.
Dette et austérité sont des choix
idéologiques.
Savez-vous que:
- - Les intérêts de la
dette publique absorbent la totalité de l’impôt sur
le revenu !
- - La BCE a prêté 1000
milliards aux banques mais refuse de prêter aux
États pour alléger leur fardeau !
- - Le retour du droit
de création monétaire par la Banque Centrale au
service des États leur éviterait de dépendre de la spéculation et leur
permettrait de financer les urgences sociales et écologiques !
Au lieu de cela en Grèce des
familles en sont réduites à abandonner
leurs enfants. En France des postes sont supprimés dans la fonction
publique et les emplois disparaissent dans les entreprises. Vos revenus
diminuent, on vous oblige à travailler plus longtemps, on ferme des
hôpitaux, des maternités, des tribunaux pour cause de déficit
budgétaire.
Peut-être vous interrogez-vous, êtes-vous choqué, dépassé ?
Pourquoi sauver les banques et non pas
les peuples ?
Pour beaucoup d'entre nous, c'est parfaitement incompréhensible ! Mais
c'est malheureusement l'ignorance dans laquelle les populations sont
tenues en matière de fonctionnement du système monétaire qui permet de
telles aberrations. Bien sûr on peut se dire que tout cela nous dépasse
ou que l'on n'y peut rien à notre niveau. Détrompez-vous ! Nous pouvons
non seulement résoudre la question de la dette publique, mais en plus
nous donner les moyens de financer les immenses chantiers à mettre en
œuvre pour permettre à tous une réelle amélioration de la qualité de la
vie.
Pure utopie pensez-vous ? Certainement
pas !
Contrairement à ce que croient encore certains, ce ne sont pas les
États qui émettent la monnaie, mais le système bancaire privé,
simplement lorsqu'il accepte une demande de crédit.
- - Depuis longtemps,
les monnaies ne sont plus liées à un bien réel, même
le dollar dont la convertibilité en or a été supprimée le 15 août 1971,
ce qui les rend totalement virtuelles; leurs quantités sont donc
potentiellement illimitées et seules les règles définies par les hommes
eux-mêmes en limitent l'émission.
- - Depuis novembre
1993, l'article 104 du Traité de Maastricht (l'actuel
article 123 du traité de Lisbonne) interdit à la BCE ou aux Banques
Centrales nationales d'accorder un quelconque crédit aux institutions
ou organes publics. Et toute l'Europe est dans la même situation. Cela
conduit les États à s'endetter pour obtenir, au prix fort auprès de la
finance privée, la monnaie dont ils avaient, s’ils le souhaitaient, le
pouvoir d’émission antérieurement !
- - C'est ainsi que dans
notre pays, de début 1995 à fin 2011 la dette a
augmenté de 1150 milliards d'euros. Pendant ce temps nous avons payé
(et donc dû emprunter), au seul titre de l'intérêt, plus de 815
milliards d'euros.
Aujourd'hui, pour seulement payer les intérêts, c'est un endettement
supplémentaire de plus de 130 millions d'euros par jour. Au final, si
nous n’avions pas eu à payer d’intérêts, nous n’aurions qu'une dette
publique très faible ne dépassant pas 35% du PIB (Produit Intérieur
Brut). Mieux, nous aurions pu, sans risque d'inflation, émettre nos
besoins annuels de trésorerie et financer ainsi nos déficits, au lieu
de laisser les banques commerciales s'en charger contre intérêt !
Ensemble disons « ça suffit ! ».
Réclamons qu'au minimum la Banque Centrale Européenne (ou la Banque de
France si nécessaire) puisse disposer du droit d'émission monétaire et
de crédit au bénéfice des collectivités - État, Régions, Départements
et Communes - pour financer les investissements nécessaires et
raisonnables décidés démocratiquement par la collectivité. C’est aux
instances représentatives de la Société de décider, après avis des
organismes publics concernés, du montant d'émission monétaire imposé à
la Banque Centrale. En situation de sous-emploi et de pénurie, alors
que les compétences humaines, les ressources naturelles et la volonté
sont présentes, l'argent, toujours issu d'une simple ligne d'écriture,
ne peut et ne doit pas manquer. Dans ce cadre, une émission monétaire
n'est pas inflationniste.
Nous demandons
donc aux pouvoirs
politiques d'accéder aux demandes
suivantes : Pour tout ce qui
concerne le
financement des projets
collectifs de l'Eurozone, la Banque Centrale Européenne (BCE)
doit
pouvoir être contrainte à une émission monétaire centrale, sans
échéance et sans intérêts, directement au bénéfice de la collectivité
et non à celui des seules banques - en particulier, pour financer la
mutation qu'exige le défi technique, social et écologique de notre
époque, la recherche, un enseignement ainsi qu'un système de santé de
qualité et, en général, pour tout ce qui sera considéré
démocratiquement comme nécessaire pour l'amélioration collective
durable de la qualité de la vie.
Les statuts et la mission de la Banque Centrale Européenne doivent être
revus en conséquence.
A défaut de faire aboutir ce projet au
niveau européen, le gouvernement
français doit opérer une reprise du droit collectif (donc national)
d'émettre la monnaie, éventuellement par émission d'une monnaie
nationale complémentaire à l'euro, quitte à se mettre en dissidence à
l'égard de l'UE, non par anti européanisme mais pour se donner la
possibilité de devenir un modèle d'inspiration des autres Nations.
Cercle
des Économistes Citoyens – 27 juin 2012 –