Traduction
des propositions de réformes des systèmes monétaires nationaux et
internationaux de
James Robertson.
Le G20
doit discuter la réforme monétaire le 2 avril 2009
A nous d'insister sur la discussion de
cette réforme essentielle.
RESUME ET PRESENTATION
1. L'objectif est l'inclusion de propositions pour la réforme
monétaire - nationale et internationale - dans l'agenda du G20 le 2
avril 2009.
2. L'objectif par défaut est d’augmenter la pression grandissante
pour la réforme monétaire, même si les gouvernements du G20 ne se
mettent pas d'accord pour discuter ces propositions. Ensuite, ayant
bien démarré, elle pourrait se propager par Internet ou au travers
d'autres réseaux et devenir une campagne très puissante à longue durée.
3. Les réformes à proposer aux gouvernements du G20 sont les
suivantes :
a - La réforme monétaire nationale
mènera à la nationalisation réelle des monnaies nationales par :
- le transfert aux banques centrales nationalisées du pouvoir
de création de la totalité de la monnaie publique ; et
- l'interdiction à qui que ce soit, y compris les banques
commerciales, de créer de la monnaie scripturale à partir de rien
(comme la contrefaçon des billets de banque est interdite et passible
de sanctions criminelles.)
b - La réforme monétaire
internationale créera une réelle monnaie internationale libre de dette,
- émise par une nouvelle autorité monétaire internationale,
- pour établir une base plus efficace, plus stable, et plus
équitable pour les échanges internationaux dans l'économie globale,
- co-existant avec les monnaies nationales et l'euro,
- mais sans s'appuyer sur aucune comme monnaie internationale.
Ces deux réformes créeront de l'argent libre de dette, et non de
l'argent dette, comme c'est le cas actuellement. La réforme nationale
transférera la fonction de création monétaire hors des mains des
intérêts particuliers (les banques) à une autorité monétaire nationale
(la banque centrale) pour servir l'intérêt publique. La réforme
internationale la transférera d'un intérêt national particulier (des
E-U qui créent des dollars) à une monnaie vraiment internationale émise
par une autorité au service de l'intérêt global. Ces réformes sont non
seulement justes à long terme, mais les actions prises maintenant
contre la crise actuelle seront encore plus efficaces si elles ont
aussi le but de préparer ces réformes.
Une courte explication suit. Pour plus de renseignements, voir 12
à 20 et 21 à 27.
Note: pays des G20 (groupe des 20) ;
le Canada, la France, l’Allemagne, l’Italie, le Japon, le Royaume Uni,
les Etats-Unis?, la Russie, l’Argentine, l’Australie, le Brésil, la
Chine, l’Inde, le Mexique, l’Arabie Saoudite, l4afrique du Sud, la
Korée du Sud, la Turquie, et l’Indonésie ( plus une représentation de
l’UE, la Banque Mondiale, et du FMI).
Pour plus de renseignements sur la réunion d'avril, cliquer sur
<http://www.g20.utoronto.ca/g20plans/index.html>
et <http://www.londonsummit.gov.uk/en>
BREVES EXPLICATIONS
4. Il y eu grand nombre de booms et de krachs bancaires dans les
20 dernières années un peu partout dans le monde. Ils font toujours
plus de mal à toutes les victimes qu'aux dirigeants bancaires,
régulateurs et politiciens qui en sont responsables. Le krach actuel
est le pire depuis celui de 1929 et la Grande Dépression qui suivit
dans les années 30.
5. Comme toujours, les réponses gouvernementales se concentrent
uniquement sur les symptômes, et non sur les causes fondamentales -
comme un constructeur qui essaye d'empêcher une maison de glisser
continuellement sur une pente, en réparant toujours le toit et les
étages supérieurs, sans se rendre compte que les fondations sont en
cause.
6. L'argent est à la base des systèmes financiers nationaux et
internationaux. La façon dont l'argent est créé et mis en circulation,
par qui, et comment (sous forme de dette ou libre de dette, dans telle
devise ou telle autre) est à la base de comment un système financier
fonctionne.
7. Les façons dont l'argent est créé aujourd'hui pour les
économies nationales et l'économie internationale mènent inévitablement
à des booms et des krachs fréquents et extrêmement destructeurs. Même
en période normale, elles aboutissent à un système monétaire qui incite
presque tout le monde à faire de l'argent de façon très nuisible à la
société, à l'environnement, et à l'économie.
8. La majorité de la population sera bénéficiaire d'une réforme
monétaire. Beaucoup d’OGNs devraient donc la soutenir. Elles
comprennent celles qui s'occupent des questions sociales (la pauvreté,
l’assistance sociale, l'injustice sociale, la santé, les droits de
l'homme, etc.), des questions écologiques (changement climatique,
énergie, eau, alimentation et agriculture, etc.); des problèmes
relatifs aux pays en voie de développement; des questions générales,
économiques et publiques (l'avenir de la planète, le développement
économique local, l'investissement, le commerce et la consommation
éthiques, la responsabilité sociale des entreprises, etc.)
9. Les propositions nationales et internationales de ce document
ont des aspects en commun. Les deux créeront de l'argent libre de
dette, et non pas à partir de dette comme maintenant. La réforme
nationale en confiera la responsabilité à une autorité monétaire
nationale ( la banque centrale), avec une mission de bien public, et
l'ôtera des mains du privé (le système bancaire).
La réforme internationale transférera le pouvoir actuellement au
service des intérêts particuliers d'une nation (les E-U qui créent des
dollars) à une réelle autorité monétaire internationale au service de
l’intérêt global - et non pas d’un petit groupe de pays en compétition
pour fournir des monnaies de « réserve ». Ces réformes sont non
seulement justes à long terme, mais les actions prises maintenant
contre la crise actuelle seront encore plus efficaces si elles ont
aussi le but de préparer ces réformes.
10. Il est également très important, même si ce n’est pas dans le
cadre du G20, d’encourager la réforme monétaire sous forme de
développement décentralisé à l’intérieur des nations. Il s’agira de
répandre encore plus les monnaies complémentaires des communautés et
des régions comme le Time Dollars, les SELs, le Chiemgauers et d’autres
qui existent déjà dans beaucoup de pays. Ils peuvent fournir une base
pour de nouvelles institutions comme des banques locales, associations
coopératives d’épargne et de crédit, et fonds d’investissement, ce qui
mènera à plus d'indépendance locale, sociale et économique. Ces
développements souhaitables à long terme pourraient aussi fournir une
réponse domestique partielle aux crises telles que la présente.
11. Les monnaies communautaires décentralisées n’ont pas besoin
d’être coordonnées à niveau international. Cependant, on doit accepter
que, si le système monétaire national et international continue de
fonctionner comme à présent, cela crée une dépendance trop grande de la
population quant à la quantité de monnaie disponible pour la vie de
tous les jours, ce qui justifie le recours à des monnaies
complémentaires décentralisées pour compenser. Il est donc important de
demander au G20 de se concentrer sur des réformes du système monétaire
prédominant, national et international, simples et facilement
compréhensibles, comme celles proposées ci-dessus. De même qu'elles
auront pour conséquence de supprimer pour nous tous les effets nocifs
du système actuel, ces réformes ouvriront la voie à des moyens
décentralisés pour la vie financière et économique dans l’avenir.
LA REFORME MONETAIRE NATIONALE
12. La réforme monétaire sera sans doute modulable pour s'adapter
à la situation politique et économique spécifique de chaque pays. Au
Royaume Uni, exemple assez typique, moins de 5 % de l'argent public est
issu sous forme de pièces et billets par l'état. Les banques
commerciales créent la majorité des 95% restants, à partir de rien, par
simple écriture, en portant sur les comptes de dépôt à vue de leurs
clients le montant des prêts consentis. C'est pourquoi on l'appelle
souvent "crédit", comme s'il fallait faire une distinction entre cet
argent ainsi produit et la monnaie, pour éviter d'avoir à mentionner
que les banques commerciales sont à l'origine de la majorité de
l'émission monétaire.
13. Si la situation actuelle n'était pas la réalité, et que nous
repartions de zéro, personne ne proposerait sérieusement que les mêmes
entreprises combinent les deux fonctions qui sont en opposition :
- Emettre 95% de la monnaie de façon efficace et juste pour
servir les intérêts de la société entière, et
- Se jeter dans la compétition à la recherche du profit
financier particulier dans le commerce du prêt et de l'emprunt.
Il serait évident que mélanger les deux conduirait à réduire
l'efficacité et la crédibilité des deux.
14. En pratique, les crises de stabilité financière résultent
inévitablement du mélange de ces deux fonctions.
LA SEPARATION DES DEUX FONCTIONS
15. Une simple réforme de base, qui consiste à appliquer deux
mesures complémentaires, séparera les deux fonctions.
(i) Transférer aux banques centrales nationales la responsabilité
de créer, non seulement les billets de banque comme maintenant, mais
aussi ce qui représente la plus grande partie de la monnaie, la monnaie
scripturale, principalement détenue et transférée par moyens
électroniques.
(ii) Interdire à qui que ce soit d'autre, y compris les banques
commerciales, de créer de l'argent à partir de rien – passible de
poursuites judiciaires exactement comme il en est pour un faux monnayeur
16. Ces deux mesures complémentaires correspondent à une
nationalisation de l'émission monétaire, mais pas des banques
commerciales. Après la réforme, et une fois la crise actuelle
stabilisée, les banques commerciales nationalisées pourront être
dénationalisées, et pourront retourner à la libre concurrence sur le
marché à la recherche de profits, en prêtant et empruntant de l'argent
pré -existant.
17. La première mesure, en confiant à un organisme public la
responsabilité de l'émission monétaire, permettra de la maintenir dans
l'axe de l'intérêt collectif. La deuxième conduira à un marché plus
ouvert et compétitif qu'aujourd'hui en matière de prêts et emprunts. En
perdant le privilège de pouvoir créer la monnaie qu'elles prêtent, les
banques seront ramenées au même niveau que les autres entreprises du
secteur privé à qui on ne fournit pas gratuitement leur matière. Elles
seront motivées à fournir davantage de services à leurs clients, plus
efficacement que maintenant. De nouveaux acteurs seront également
attirés dans l'industrie des services de paiement.
NATIONALISATION DE L'ARGENT PUBLIC
18 - 19 ( Concerne le Royaume Uni spécifiquement. )
20. ...En réponse à l’objection que si la réforme est introduite
dans un seul pays, il subirait un désavantage compétitif et une
migration de ses banques, certains commentateurs indiquent qu’un
secteur financier trop dominant déstabilise une économie. Ainsi, si
possible, pour répondre plus directement à cette objection, il serait
avantageux d’introduire la réforme simultanément dans les économies les
plus importantes comme les USA, le Royaume Uni, le Japon, l'Eurozone et
si possible la Russie et la Chine – donc, une raison supplémentaire
pour que la réforme du système monétaire nationale soit inclus dans
l’agenda du G20.
LA REFORME MONETAIRE INTERNATIONALE
21. Il s'agit de proposer la création d'une réelle monnaie
internationale libre de dette, en coexistence avec les monnaies
nationales et régionales (par exemple, l'euro), dans le but de fournir
une base plus efficace et plus stable pour les échanges internationaux
dans l'économie globale.
22. La nouvelle monnaie sera émise par une autorité monétaire
mondiale. Elle aura une indépendance opérationnelle pour exécuter les
objectifs publiés par l'ONU et dépendra d'elle. Elle émettra la
nouvelle monnaie comme nouvelle source de financement pour couvrir les
dépenses de l'ONU relatives à des réalisations d'intérêt collectif
comme le maintien de la paix ou la lutte contre le changement
climatique par exemple, et éventuellement aussi pour distribuer per
capita aux nations membres.
23. Déjà en 1995 la Commission Indépendante sur la Gouvernance
Globale (Independent Commission on global governance) précisait que le
système monétaire international devrait être plus international et
moins dépendant des marchés de capitaux privés. "Les Etats-Unis? se
sont offert le luxe de pouvoir emprunter dans leur propre monnaie à
l'étranger et ont ensuite dévalorisé leurs obligations de
remboursement," et " la dépendance du système monétaire international à
l'égard des marchés de capitaux privés fait courir le risque d'un
effondrement total de confiance dans le système."
24. Depuis, la prédominance du dollar est de plus en plus
critiquée. Arrivé en 2002, le reste du monde payait aux Etats-Unis?
bien plus de $400 milliards par an pour utiliser le dollar comme devise
principale. Un porte-parole du Pentagone l'a justifié comme les
honoraires dus au titre des actions de police entreprises par les
Etats-Unis? pour le maintien de l'ordre mondial. D'autres critiques
disent que les Etats-Unis? font payer aux pays les plus pauvres leur
surconsommation des ressources globales. Le commerce mondial a été
décrit comme " un jeu où seulement les Etats-Unis? peuvent produire des
dollars, tandis que le reste du monde produit des biens à acheter avec
des dollars."
25. Plus récemment, des menaces relatives à la position du dollar
au niveau international ont augmentées. L'Iran a menacé d'utiliser
l'euro pour son commerce pétrolier. Le Président de la Russie, Dimitri
Medvedev, a annoncé en février 2008 que le rouble deviendra une monnaie
régionale de réserve. On a proposé que, si la Chine finit par remplacer
les Etats-Unis comme première superpuissance, le yuan remplace le
dollar et
devienne la devise dominante.
26. En 2007/8 le groupement des pays "BRIC" - le Brésil, la
Russie, l'Inde et la Chine - et d'autres pays 'émergeants' ont montré
les dents. L'Inde et la Chine ont provoqué l'echec des négociations de
7 ans sur le commerce mondial à Genève, pour protéger leurs populations
agricoles. En mai 2008, les ministres de l'Inde et d'autres pays "BRIC"
ont exigé un système monétaire international fondé sur le droit et la
diplomatie multilatérale dans "un monde plus démocratique, plus
équitable et plus stable où les marchés émergeants joueraient un rôle
plus grand et où les puissances dominantes seraient contraintes aux
mêmes règles que tout le monde." Le 28 janvier 2009, le premier
ministre russe Vladimir Putin a prévenu le Forum Economique Mondial à
Davos que le monde ne devrait plus s'appuyer sur le dollar comme la
seule monnaie de "réserve" et a insisté sur le fait que le rouble
devait devenir une monnaie de réserve en précisant que :"une dépendance
excessive à ce qui est essentiellement la seule monnaie de réserve
présente un danger pour l'économie globale; il serait donc avantageux
d'encourager une procédure objective pour l'émergence de plusieurs
monnaies régionales fortes à l'avenir."
27. Il est donc possible que, si l'on échoue à introduire une
monnaie réellement internationale, le chaos monétaire suive le déclin
du dollar, venant s'ajouter aux effets de la crise bancaire actuelle.
Les peuples du monde et les entreprise mondiales, pourraient finir dans
une économie globale qui dépende de l'investissement privé dans une
gamme de monnaies de 'réserve' en compétition, y compris le dollar,
l'euro, le yen, le yuan, le rouble et la livre.
DES RAISONS POUR ESPERER
28. L'émergence du G20 comme successeur au G7/G8, au sommet du
forum mondial sur l'économie et la finance internationales, reflète des
tendances positives vers une démocratie économique et financière
globale. Les nouveaux membres, peut-être même quelques-uns de l'ancien
G7/G8, pourraient être disposés à soutenir un agenda pour avril qui
souligne ce fait.
29. L'émergence du Président Obama sur la scène internationale est
aussi signe d'espoir, malgré tous les problèmes auxquels il fait face.
Imprégné de la tradition historique américaine, il sait que Thomas
Jefferson et Abraham Lincoln étaient parmi les pères fondateurs
catégoriquement opposés à céder aux banques le pouvoir de la création
monétaire.
ACTIONS PROPOSEES
30. Les populations des pays du G20 devraient mener des actions
urgentes :
- pour mobiliser la pression sur leurs gouvernements avant le
début mars pour inclure la réforme monétaire nationale et
internationale dans l'Agenda d'avril et
- pour obtenir une médiatisation maximale dans leurs pays des
arguments en faveur de ces réformes.
De multiples possibilités et réseaux existent.
31. Ils comprennent écrire et d'autres moyens de communication:
- aux politiciens qui nous représentent dans la législature ;
- aux médias de la presse et de la télévision ;
- aux OGNs qui soutiennent nos soucis de développement,
justice sociale, environnement, économie éthique, ou d'autres bonnes
causes qui souffrent de l'état actuel du système monétaire ;
- à d'autres personnes ayant ces mêmes pouvoirs, et
- en prenant la parole aux réunions convoquées pour discuter
ces questions.